Depuis une heure, Charles Ducourant tournait en rond dans son appartement parisien, rue Guynemer. Il réfléchissait. Il avait toujours eu besoin de marcher pour réfléchir. Et cette fois, il y avait de quoi. Il avait une décision importante à prendre et ne cessait de s’interroger sur ce qu’il devait faire. Il passait et repassait devant les fenêtres donnant sur le jardin du Luxembourg, sans même prêter attention aux premières feuilles du printemps qui commençaient à apparaître aux branches des marronniers.
À 69 ans, Charles Ducourant, aurait pourtant bien aimé ne pas se trouver, une fois encore dans une telle situation ; non pas qu’il lui répugnait de prendre des décisions. CDT, ainsi que l’appelaient ses collègues et ses collaborateurs, avait au contraire la réputation de savoir prendre des décisions, et de les prendre sans hésiter ni tergiverser, tout au long d’une carrière professionnelle bien remplie. Au cours de ses 25 dernières années d’activité, il s’était consacré à la recherche de nouveaux gisements d’uranium, principalement en Afrique, et avait eu à ce titre à traiter de sujets financiers, commerciaux et surtout politiques autant que techniques. À la retraite depuis 3 ans, on le consultait encore de temps en temps, et il prenait un certain plaisir à constater que ses avis étaient écoutés et, le plus souvent, suivis.
Mais cette fois, personne ne lui avait rien demandé ; la lecture des journaux de la semaine écoulée l’avait alerté ; peu à peu, à mesure que la police et le CEA distillaient des informations sur ce prétendu vol de secret industriel à Pierrelatte, il avait compris. Et ce qu’il croyait avoir découvert était tout simplement effrayant, avec des conséquences prévisibles épouvantables. Mais il ne savait pas s‘il devait parler ou se taire, et c’est ce qui le taraudait depuis le matin. Se taire et laisser faire, en espérant que ses craintes n'étaient pas fondées ? Ou parler, mais à qui ? Quelle était la personne dont il pouvait être sûr à 100% et à laquelle il pouvait confier ce qu’il avait compris de cette affaire ?
Il s’arrêta de déambuler, pris d’une idée soudaine, et s’assit derrière son petit bureau. Après avoir consulté son carnet d’adresses, il décrocha son téléphone. Il avait pris sa décision.
Vers 18 heures, le même jour, Maria do Carmo, qui venait, comme tous les soirs, faire un peu de ménage chez M. Ducourant, le trouva affalé dans son fauteuil, le canon d’un pistolet enfoncé dans la bouche, le crane complètement défoncé. Elle ne put s’empêcher de penser au mal qu’elle aurait certainement pour tout nettoyer.
lundi 17 août 2009
Chapitre 7 : La décision fatale
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2 commentaires:
Ça y est ! Cette fois on a un cadavre sur les bras !
Et ce n'est que le début!!
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